
Exfoliants en cosmétique – que dit la réglementation ?
11 février 2026Ces dernières années ont vu se multiplier le nombre d’influenceurs faisant la promotion de produits de consommation sur les réseaux sociaux.
La cosmétique est le secteur où le marketing d’influence génère le plus de vente. En croissance forte et constante, ce phénomène n’est pas sans risque pour les consommateurs : pratiques commerciales trompeuses, promotions déguisées, ou encore influence sur des publics jeunes.
CLEAR fait le point sur le cadre législatif et règlementaire de cette pratique très en vogue.
En France
Afin de lutter contre les dérives potentielles du marketing d’influence, la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 vise à encadrer l’influence commerciale par voie électronique. Les deux piliers sont l’accompagnement de l’influenceur et la protection des consommateurs.
Que dit cette loi ?
- Elle permet de définir clairement ce qu’est l’influence commerciale : Est qualifiée d’influenceur toute personne qui « à titre onéreux, communique au public par voie électronique des contenus visant à faire la promotion, directement ou indirectement, de biens, de services ou d’une cause quelconque exercent l’activité d’influence commerciale par voie électronique ».
Cette clarification est essentielle pour le secteur cosmétique : elle permet de distinguer ce qui relève d’une simple recommandation personnelle de ce qui constitue une véritable promotion commerciale, soumise, elle, à la législation.
- La loi prévoit également un contrat écrit entre l’influenceur et la marque, pour les collaborations au-delà de 1 000 € hors taxes (rémunérations versées et valeur des avantages en nature accordés à l’influenceur par l’annonceur au cours d’une même année “en contrepartie d’une prestation ou d’un ensemble de prestations d’influence commerciale par voie électronique poursuivant un même objectif promotionnel”).
Ce contrat contient des mentions obligatoires telles que l’identité des parties, la nature des missions, la contrepartie (financière ou en nature), les droits et obligations des parties.
Pour respecter plus de transparence, l’influenceur doit indiquer de façon claire, lisible et compréhensible lorsqu’un contenu est publicitaire ou fait suite à une collaboration commerciale (par exemple : mentions « Publicité » ou « Collaboration commerciale »).
Les contenus crées doivent comporter une mention s’ils font l’objet de modifications ou de retouches.
Il n’est pas permis de commettre d’actes de concurrence déloyale, c’est-à-dire dénigrer les produits ou services d’une marque concurrente ou d’un autre influenceur.
- La loi interdit également certaines formes de promotion, notamment la chirurgie et médecine esthétique.
Les autres texte applicables sont :
Le code de consommation, et de manière plus globale au droit de la concurrence déloyale et au droit de la propriété intellectuelle.
L’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) a publié une recommandation sur la communication publicitaire numérique qui porte notamment sur les bonnes pratiques entre influenceurs et marques.
Quelle est la responsabilité des influenceurs vis-à-vis de ce qu’ils communiquent sur les produits cosmétiques ?
Les revendications des produits cosmétiques sont encadrées par le Règlement (CE) n° 1223/2009, le Règlement (UE) n° 655/2013 et le code de la consommation.
Le discours de l’influenceur doit respecter les dispositions de ces textes et notamment ne doit pas :
- Exagérer les effets d’un produit cosmétique
- Présenter comme prouvé un effet qui ne l’est pas
- Induire le consommateur en erreur sur les propriétés, performances ou résultats attendus
Même si le message vient de la marque, l’influenceur engage sa responsabilité en le diffusant tel quel. L’influenceur ne doit pas reformuler librement une promesse marketing s’il risque d’en changer le sens. La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 précise que l’influenceur est responsable des contenus promotionnels qu’il diffuse et doit vérifier la conformité des produits dont il fait la promotion. Il peut être tenu civilement responsable (préjudice au consommateur) et pénalement responsable en cas de pratique trompeuse.
Pour les marques, cela implique de former les influenceurs, d’encadrer contractuellement les messages et d’intégrer la réglementation cosmétique dans la stratégie d’influence.
L’influenceur n’est donc pas un simple relais : il est un acteur responsable de la conformité des messages qu’il diffuse.
Quel cadre au niveau européen et britannique ?
Au sein de l’Union Européenne, le marketing d’influence n’est pas encadré par un texte unique, mais par plusieurs Directives et Règlements applicables à la publicité, aux pratiques commerciales et aux services numériques.
Au Royaume-Uni, le marketing d’influence est encadré par un ensemble de textes législatifs et de règles d’autorégulation.
Dans les deux cas, les textes régulent toutes formes de publicité en ligne ainsi que les plateformes numériques, y compris l’influence, mais ne sont pas spécifiques aux influenceurs, contrairement à la loi française qui cible précisément l’influence et responsabilise clairement les influenceurs et les marques.
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Sources :
Upfluence https://www.upfluence.com/
Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l’influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047663185
https://www.europe-consommateurs.eu/achats-internet/les-influenceurs.html
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18674
https://www.economie.gouv.fr/influenceur-createur-contenu-mesures-encadrement#




